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«Il faut sauver la planète, sinon tout le monde disparaîtra». Ainsi affirmait Djibo Ka, le ministre sénégalais de l'Environnement.
La menace est aujourd'hui réelle, le changement climatique et les conséquences de l’effet de serre, dont l’Afrique est confrontée, est bien perceptible à travers une récurrence accrue d’événements climatiques extrêmes tels que les sécheresses, pluies diluviennes, tempêtes…
Le continent africain est désormais le principal victime du réchauffement climatique et le plus exposé aux effets tragiques de ce dernier, quoique faible pollueur (à peine 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre).
Bien évidement, l'Afrique qui se considère comme faisant partie de la solution et non pas du problème, arrive à Copenhague avec des attentes très fortes.
La présence de plus de 100 chefs d'Etat à la clôture de la conférence sur le changement climatique qui s’est tenue à Copenhague présentait un espoir aux négociations afin d'aboutir à un accord ambitieux et contraignant.
Explicitement, le principal enjeu des assises de Copenhague réside au niveau des engagements des pays développés à réduire le niveau de leur émission de gaz à effet de serre et de le ramener à celui de 1990, tel qu'institué dans le Protocole de Kyoto.
Au cours des négociations, l’Union Européenne a déclarée être prête à réduire ses émissions de 20 % en 2020 par rapport à 1990. Le Japon, promet de réduire de 25 % de ses émissions d'ici à 2020 par rapport à 1990, à condition que d'autres pays prennent des engagements semblables. Quand aux Etats-Unis, elle est prête à baisser de 17% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020, par rapport à 2005 (4% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990).
Cependant, les engagements annoncés par les pays industrialisés à l'horizon 2020 sont très bas, comparés à la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques(Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).
Avant d’aller à Copenhague et lors d’une rencontre internationale à Addis Abbeba, les chefs d’Etat africains s’étaient mis d’accord sur les questions clés à aborder lors de ce sommet. Les décideurs africains ont fixé pour objectifs : l’atténuation des changements climatiques, l’adaptation de l’Afrique aux changements climatiques, le transfert des technologies, le renforcement des capacités des pays africains, et le financement.
Selon le ministre sénégalais de l’Environnement, Djibo Leyti Kâ, « l’Afrique n’est pas prête à signer n’importe quel accord tant que nos revendications et nos exigences ne sont pas prises en compte ».
Sollicitation des aides financières auprès des pays développés
L’Afrique se tient en grappe pour défendre ces intérêts et pour faire prévaloir ses revendications. Vraisemblablement ces réclamations sont d’ordre pécunier. Le front commun des pays africains demande aux pays développés des aides financières et des compensations afin de lutter, en particulier, contre la déforestation et contre les effets du changement climatique en général, qui frappe le continent de plein fouet.
Bien avant la conférence de Copenhague et lors du 7e Forum mondial pour le développement durable, qui s’est tenu du 9 au 11 octobre 2009 au Burkina Faso, sous le thème “Changements climatiques : Quelles opportunités pour un développement durable ?”. Les dirigeants africains ont alors déterminé le montant des aides financières qu’ils solliciteraient au sommet du Copenhague. « Nous pensons qu’il faut 65 milliards de dollars (44 millions d’euros) pour pouvoir faire face, d’un point de vue continental, à ces phénomène de changement climatique », a annoncé le président du Comité d’organisation, Salifou Saxwadogo.
L'Union européenne promet de débloquer une enveloppe de 7,2 milliards d'euros sur trois ans (2010-2012) pour alimenter un fonds qui devrait atteindre 100 milliards de dollars annuels.
Un fond auquel devrait participe les USA et d’autres Etats développés et qui sera destiné à aider les pays en développement à faire face aux impacts du changement climatique.
Le délégué soudanais, Lumumba Stanislas Dia-Ping, a été plus sévère avec cette annonce européenne. «C'est non seulement insignifiant mais cela nourrit en réalité encore plus la défiance sur les intentions des leaders de l'Union européenne à l'égard du changement climatique».
Le Japon, pour sa part, a proposé 19,5 milliards de dollars, dont 15 milliards d'argent public sur trois ans, pour aider les pays les plus vulnérables à faire face aux défis du réchauffement climatique.
C’est finalement une somme de 30 milliards de dollars à court terme (2010-2012), qui atteindrait 100 milliards de dollars d'ici à 2020, qui sera débloquée en vertu de l’accord de Copenhague.
La Chine considère, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, He Yafei, que le financement à court terme n'est pas la réponse. Et ajoute que «le plus important serait d'avoir un mécanisme opérationnel au moins à moyen terme, assurant des fonds aux pays en développement».
La question du financement pour lutter contre le réchauffement climatique est, sans doute, une des questions les plus battues au cours de cette conférence sur le climat.
Le directeur de l'Environnement et des Etablissements classés du Sénégal, Cheikh Ndiaye Sylla, précise que « le problème que l'on risque d'avoir, c'est lorsque l'argent sera mis sur la table. Cela risque de poser des problèmes. Nous l'avons senti dans les sessions préliminaires quand les pays du bassin du Congo ont commencé à recevoir des milliards de dollars. C'est comme si notre problème n'était que la déforestation ».
Si la quête de financement constitue pour l’Afrique une priorité à court terme, l’alignement sur les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre constitue un impératif.
L’ancrage aux dispositions du protocole de Kyoto relatives à la réduction des GES
Lors du 7e Forum mondial pour le développement durable, qui s’est tenu à Ouagadougou, une déclaration de Ouagadougou a été adoptée, recommandant le maintien des acquis du protocole de Kyoto, et plus particulièrement les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés.
Presque un mois plus tard, à Barcelone, les délégués africains ont suspendu leur participation au dernier round des négociations préparatoires au sommet de Copenhague sur le climat, accusant les pays développés de ne pas prendre les débats avec tout le sérieux qu’impose l’urgence du sujet et pour obliger les pays riches à préciser leurs engagements, notamment ceux chiffrés relatives à la réduction du GES.
Durant les négociations de la Conférence de Copenhague sur le climat, les pays africains ont suspendu leur participation aux groupes de travail pour protester contre le manque d'attention portée à l'avenir du protocole de Kyoto, pour l’Union Africaine, « la mort du protocole de Kyoto constitue la mort de l’Afrique ».
Les pays en développement estiment que la conférence de Copenhague néglige l'importance du renouvellement des engagements des pays industrialisés dans le cadre du protocole de Kyoto au-delà de 2012 et réclament à l’ensemble des pays industrialisés de réduire de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.
Selon le protocole de Kyoto, entre les années 2008-2012, les pays en développement n’ont aucun engagement de limitation de leurs émissions, seuls les pays industrialisés auraient à réduire ou limiter la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Le groupe 77 avec comme tête de pont les pays africains, tiennent à ce protocole jugé comme étant le plus contraignant pour les pays industrialisés, qui ont une responsabilité historique dans l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère.
D’ailleurs, cette question de responsabilité historique de l’accumulation de GES dans l’atmosphère est réitérée plusieurs fois au cours des négociations par la Chine en synergie avec l’ensemble des pays faisant partie du groupe de 77.
Conclusion
In fine la Conférence de Copenhague sur le climat a débouché sur un accord minimaliste et sans engagements contraignants.
Seuls la limitation de la hausse des températures de 2°C, les engagements financiers, et le transfert de technologie, figurent dans l'accord final.
Dans ce sens, l’accord prévoit aussi, la création d'un fonds spécial d'une enveloppe de 30 milliards de dollars à court terme (années 2010, 2011 et 2012), qui s’élèverait ensuite à 100 milliards de dollars d'ici à 2020, vouée aux pays les plus vulnérables pour les aider à s'adapter au réchauffement climatique. En revanche, la question de la diminution de 50 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde en 2050 ainsi que la création d'une organisation mondiale de l'environnement n’ont pas été adoptées.
Il faut bien admettre qu’à l’issue de cette conférence, non uniquement l’Afrique qui sort perdante, mais c’est l’humanité toute entière.
M. Karim Jobrane
Publié par ravelchristophe à 09:38:41 dans Docs de réference | Commentaires (0) | Permaliens
A lire ! Voici une initiative heureuse qu'il faut saluer pour la qualité du travail effectué. Cela permet aussi de malheureusement souligner que ce genre d'initiatve est trop rare. Profitez donc de cette opportunité.
Christophe Ravel
"Un hors-série du Point sur la pensée noire ? Certains s'en étonnent. Pourquoi ? Parce que la pensée noire n'existe pas ? Il est vrai que les textes (une trentaine), présentés dans ce vingt-deuxième numéro de la collection Les Textes fondamentaux , n'ont rien à voir avec un traité de Spinoza : ce sont des récits autobiographiques d'anciens esclaves, des discours politiques contre l'esclavage, le racisme, la ségrégation ou la colonisation, des essais sociologiques, des romans, des poèmes... Ce sont des cris de douleur ou de rage, des appels au pardon et des réflexions sur le problème racial, des textes qui parlent avec les tripes plus que des traités métaphysiques. C'est que la pensée noire, c'est d'abord se penser noir, et affronter le regard du Blanc. Mais penser en couleur, n'est-ce pas nécessairement penser de manière raciste ? Non, même si certains auteurs noirs soutiennent des thèses dignes des programmes de l'extrême droite. Pas question, ici, de faire de l'angélisme : le racisme n'est pas seulement de couleur blanche, et M. Le Pen n'aurait pas osé prononcer les discours de Farrakhan, chef du mouvement Nation of Islam.
Impossible pourtant de mettre tout le monde dans le même sac. Ce hors-série aurait pu en effet tout aussi bien s'intituler "Pensées noires", tant les prises de position sont plurielles, des écrits de Du Bois ou de Césaire à ceux de Fanon et de Malcolm X. Tous, pourtant, ont tenté de répondre à la même question : comment se penser homme quand on vous a voulu objet ? Bien sûr, c'était hier, face à l'esclavage, à la colonisation et à la ségrégation. Et aujourd'hui ? Des piquets de grève de Guadeloupe aux conflits interethniques africains, du racisme de monsieur Tout-le-Monde à l'antisémitisme d'un Dieudonné, le monde noir n'est pas guéri de la blessure de l'esclavage, même chez les plus jeunes. Pourtant, il faut aller au-delà, comme l'a prôné Barack Obama le 18 mars 2008, à Philadelphie, et comme le soulignent dans ce hors-série des personnalités aussi importantes que le poète martiniquais Édouard Glissant ou le sociologue britannique Paul Gilroy. Après la pensée noire, la pensée métisse ? Pourquoi pas ? Ce serait une bonne idée pour un hors-série du Point . "
Catherine Golliau
Le Point hors-série, 132 pages, 6,50 euros, sortie le 9 avril 2009.
Publié par ravelchristophe à 08:40:30 dans A bookiner | Commentaires (0) | Permaliens
Boubacar Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, île au large de Dakar, dont il a largement contribué à la sauvegarde, est décédé dans la capitale sénégalaise à l'âge de 86 ans, a-t-on appris auprès du ministère de la Culture.
Boubacar Joseph Ndiaye est "décédé vendredi à l'Hôpital principal de Dakar. Il était alité depuis le mois de mars et avait fait plusieurs séjours à l'hôpital", a déclaré à l'AFP Hamady Bocoum, directeur du patrimoine culturel au ministère sénégalais de la Culture.
M. Bocoum a salué en Joseph Ndiaye "l'artisan principal de la défense de la mémoire de la traite atlantique, l'homme le plus fervent et le plus constant contre tout révisionnisme" sur la traite des esclaves, qui a duré plusieurs siècles entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques avec la déportation de plusieurs millions d'Africains, à partir de Gorée notamment.
Le défunt, dont la maladie n'a pas été précisée, assumait depuis plus de 40 ans les fonctions de conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, en narrant pour les visiteurs les grandes lignes de la traite négrière dont il avait décidé de "parler toute sa vie".
Parmi ces nombreux visiteurs de marque, figurent plusieurs chefs d'Etat comme le Sud-Africain Nelson Mandela, l'Américain Bill Clinton, l'Ivoirien Félix Houphouët Boigny, mais aussi le pape Jean-Paul II.
Boubacar Joseph Ndiaye était né le 15 octobre 1922 à Rufisque (28 km de Dakar). Ancien tirailleur, il a participé à la Seconde Guerre mondiale et à la guerre d'Indochine.
A la fin de sa carrière militaire, il s'était lancé dans le commerce avant d'abondonner cette activité pour se consacrer à la Maison des esclaves.
Il avait deux épouses et sept enfants.
Source: AFP
Publié par ravelchristophe à 22:06:04 dans Diasporama | Commentaires (0) | Permaliens
Moment d'histoire pour les Etats-Unis (et le monde) qui ont élu leur premier président noir en 2008.
143 ans après l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis. (18 décembre 1865, 13è amendement à la constitution: «Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux États-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction»).
44 ans après le premier droit de vote des noirs en Amérique (1964).
Le démocrate Barack Obama devient à 47 ans le 44è président américain.
Une grande émotion traverse la planète. La face du monde est en train de changer.
Barack veut dire béni des dieux en swahili.
La vieille Amérique n'a pas peur du changement et elle donne encore une fois de plus une leçon sans précédent aux autres nations, celle de l'ouverture d'esprit. Croyez-vous qu'en 2008 on aurait élu un candidat noir en France ? On connait tous la réponse.
Autre signe de l'histoire:
Dans son discours d'investiture, il propose au monde musulman "de trouver une nouvelle approche". Une main tendue qui le démarque de la politique de son prédécesseur George W.Bush. A travers le monde, les Musulmans ont généralement bien accueilli cette démarche. En attendant les actes.
Joindre les actes à la parole. C'est ce qu'attendent à présent les pays arabes et les populations musulmanes dans le monde après le discours du 44ème président ce mardi 20 janvier. Devant une foule massive, sur les marches du Capitole à Washington, Barack Husein Obama a tenu a adresser un message au monde musulman : « nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels.»
Aux Etats-unis, le Conseil des relations américano-musulmanes (Cair) a salué la démarche du nouveau président : « Nous espérons que cette déclaration encourageante, combinée avec un changement dans les précédentes politiques de l'Amérique vis-à-vis du monde musulman, contribuera à améliorer l'image de notre pays et à promouvoir un avenir sûr et prospère pour l'ensemble de l'humanité », a déclaré Nihad Awad, directeur exécutif de l'organisation. De son coté, Keith Ellison, premier musulman élu au Congrès américain a aussi salué les paroles d'Obama.
En Grande Bretagne, le Conseil musulman s'est félicité de cette « intention noble » selon Muhammad Abdul Bari, secrétaire général de l'organisation. « J'espère que cela comblera le fossé entre les Etats-Unis et le monde musulman qui n'a cessé de se creuser depuis huit ans » a-t-il ajouté.
Dans son discours, marqué par une volonté fédératrice, Barack Obama a rappelé l'héritage multiculturel et multiconfessionnel de son pays : « Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. » Des propos qui ont retenu l'attention de Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l'Université de Beyrouth : « Le fait qu'il ait mentionné les musulmans revêt une grande signification. C'est un geste symbolique à l'adresse du monde musulman, qui n'est plus exclu », ajoute-t-il.
Même le Soudan s'est dit « très optimiste », par la voix du porte parole du ministère des Affaires étrangères, quant à la volonté exprimée « d'un changement dans la politique étrangère et sur l'abandon de l'Irak ». Dans son discours, Barack Obama a parlé de « laisser l'Irak à son peuple ».
Ailleurs, l'optimisme se mêle au bénéfice du doute. Selon le ministre Egyptien des affaires étrangères, « c'est un discours qui reflète un nouvel esprit de dialogue », « il s'agit d'une nouvelle orientation qui n'est certainement pas celle mise en œuvre par l'administration Bush ».
L'Organisation de la conférence islamique (OCI) espère de l'administration Obama "le début d'un dialogue plus fructueux et mieux informé entre l'Occident et le monde musulman"."La vraie paix ne peut être que partagée, jamais imposée", souligne l'organisation, qui rassemble 57 pays.
Dans une interview accordée en décembre dernier au Chicago Tribune, Obama s'était exprimé sur sa volonté de restaurer l'image de l'Amérique dans le monde musulman. Il était alors sûr d'une chose : le monde « est prêt à entendre ce message ». Il avait d'ailleurs annoncé la tenue prochaine d'"un discours important dans une capitale islamique".
Source : Hanan Ben Rhouma
Autre remarque:
Le site Speechwars s'est spécialisé dans l'analyse lexicographique des discours d'investiture.
Jamais aucun président n'avait employé le mot Islam.
Barack Obama a été le premier.
Publié par ravelchristophe à 13:00:11 dans Diasporama | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par ravelchristophe à 11:33:49 dans A bookiner | Commentaires (0) | Permaliens
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